• L'Atacama

    Déja plus d'un mois sans article, il est temps d'en écrire un nouveau. A la fin du précedant, je vous annoncais que je prenais la direction du sud-Lipez en Bolivie.  Ca commence par une ascension d'une trentaine de kilométres en quittant San Pedro de Atacama (2400m) pour rejoindre le portezuelo Purico (4670m) et le poste frontiére Bolivien. Mais trés rapidement, la motivation n'est pas au rendez-vous pour rejoindre la Bolivie. Le Sud-Lipez, c'est des paysages grandioses, mais aussi 10 jours de pistes difficiles, de froid, d'isolement... Et a ce moment la, je n'ai pas envie de ca. Pas envie de le faire seul... J'ai toujours dit que je suivait l'envie du moment, donc arrivee a 3700m d'altitude, je fais demi-tour pour rejoindre San Pedro et choisir un nouvel itineraire.

     

    Je reprends la route, 2 ou 3 jours plus tard, pour rejoindre l'extreme nord du Chili. Aprés la 1ére journée vers Calama a une centaine de kilométre, j'aurais 2 options, passer par la cordilliére en longeant la frontiére Bolivienne (pas forcément plus facile que le Lipez), ou traverser le desert d'Atacama en Integralité. Je me dit si la 1ere journee se passe bien, je prends la direction de la cordilliére...

     

    Mais rapidement en quittant San Pedro je constate qu'il a neigé sur les Andes et la Bolivie. Le volcan Licancabur et recouvert d'une fine couche de neige.

     

     

    Finalement, je suis content d'avoir fait demi-tour... Je voit une derniére fois la vallée de la Lune.

     

    Aprés une premiére ascension, une descente arrive et une coline apparait au loin... Calama se trouve de l'autre coté.

     

    Visuellement, elle semble toute petite, mais dans l'Atacama l'impression visuelle est souvent fausse. Cette colline sur la photo précedente est en faite a 3426m d'altitude et le dénivellé entre le pied et le sommet et de plus de 1000m ( a titre de comparaison, c'est environ l'equivalent de l'Alpe-d'Huez...). L'ascension commence et rapidement quelques gouttes d'eau tombent. Et la température chute. La pluie s'intensifie et je commence vraiment a avoir froid. Il ne fait que 2°C.

     

    Et puis a l'approche du sommet le froid et de plus en plus intense et la pluie se transforme en neige. 15 minutes de forte neige, avec un vent froid, j'atteinds le sommet  frigorifié. Mais le pire m'attend avec la descente. C'est une longue descente avec le vent de face, le froid et la pluie vers Calama. En arrivant dans cette ville (l'une des plus séchent de la planéte avec 5mm de pluie en moyenne par an. En fait il pleut en moyenne un jour tous les 4ans... Je n'ai pas eu de chance), j'ai les mains paralysé par le froid. Je trouve vite un lieu chauffé et il me faudra un long moment pour me réchauffer.

     

    Mais voyons le bon coté des choses, j'ai vu la pluie et meme la neige tombé dans le désert le plus sec de la planéte. Tout le monde n'a pas cette "chance". On voit qu'ici la pluie n'est pas habituelle, dans l'hébergement ou je suis, comme dans le grand centre commerciale, il y a de nombreuses fuites dans le plafond, mais il est plus simple de sortir un seau un fois tous les 4 ans que de faire les réparations...

     

    Le lendemain je quitte Calama, le soleil revient lentement et la journée commence a nouveau avec une ascension d'environ 1000m. Les premiers kilométres se font sur l'autoroute pour rejoindre la ville miniére de Chuquicamata.

     

    Ensuite c'est une route avec peu de circulation qui m'attend.

     

     

    Le sommet est proche, mais finalement, pas de descente directement mais quelques kilométres sur un plateau.

     

    Puis le vrai sommet apparait, au sommet de cette "petite" cote...

     

    Et enfin la descente. Je suis a 3000m d'altitude et je vais rejoindre l'océan Pacifique. Une longue descente, que du bonheur... Ou pas!

     

    Aprés une premiére portion raide, la descente est finalement en pente douce, avec un bon vent de face et une interminable ligne droite de 50km. Je peine a depasser les 20km/h dans cette descente et en plus le paysage est particuliérement moche, avec pas moins de 8 grandes lignes electrique qui longe la route. 4 de chaque coté. Je suis au milieu d'une foret de pylone.

     

    Puis la route s'éleve un peu, avant d'enfin atteindre la descente final vers le Pacifique et Tocopilla a la tombée de la nuit. 1600m de dénivellé négatif, trés pentu de nuit pour rejoindre l'océan. Les freins chauffes, mais je rejoins Tocopilla aprés 168km sans probléme. Il faut etre honnéte, la ville n'est pas la plus jolie du Chili...

     

    Je ne m'y attarde pas, je prends la route vers le nord qui longe la Pacifique. Pour rappel on est au Chili et les routes qui longent l'océan sont rarement plate... Mais dés la premiére ascension, un nouveau pneu rend l'ame. Je suis obligée de refaire les 5km pour rejoindre la ville a pied pour acheter un nouveau pneu. Mais c'est impossible dans cette ville, pas de magasins de vélo et aucun vélo dans les rues. Je ne peux meme pas voler le vélo d'un enfant pour recuperer un pneu... (Avant de recevoir des commentaires, c'est de l'humour...)

     

    Le premier magasin de vélo est dans la prochaine ville a plus de 200km au nord, Iquique. Impossible de prendre un bus depuis cette ville avec un vélo, je vais donc rejoindre Iquique en stop... En rejoignant la sortie de la ville, je fais la connaissance de Ricardo, auto-stoppeur Chilien. Il a pour tout bagage, une guitare et 1/2 L de boisson gazeuse pour faire du stop dans le désert...

     

     

    On pense que ca va etre facile, il n'y a qu'une route et on pense que tous les véhiculent vont rejoindre Iquique directement. L'histoire de quelques heures. Il nous faudra finalement 27H et 7 véhicules pour rejoindre Iquique... Il faut de la patience. Mais la sympathique compagnie de Ricardo a facilité les choses. Aprés avoir été dépossé en plein milieu du désert par 2 hommes venu la pour creuser un trou (on a toujours pas compris pourquoi) et une attente de 2 ou 3H, un couple nous dépose a Quebrada Honda, village quasi abandonnée ou 2 familles continue a vivre ici, sans éléctricité. Et il y a un petit restaurant pour les routiers, devant lequel on fait du stop tout l'aprés-midi sans succés... On a fait 50km en une journée... Mais la femme du restaurant a pitié de nous et elle nous offrent une soupe de poissons, avant un bon repas a base de riz et de poissons. Et elle nous invite a passé la nuit dans son restaurant. Une belle rencontre, mais elle rejoint rapidement Tocopilla.

     

    Le lendemain, il nous faut 5 véhicules pour faire les 170km restant, mais finalement on attend jamais longtemps et on rejoint Iquique en début d'aprés-midi.

     

    Je passe quelques jours dans cette ville, plutot agréable et jolie. La ville est trés sportive, avec une trés large piste cyclable le long de l'océan, ainsi qu'une large piste pour les joggeurs. On y trouve aussi une "salle de musculation" en plein air, un trés grand skate park ou un grand nombre de BMX de skate et roller se croisent. Je n'ai jamais vu autant de monde faire du sport dans une ville. Le week-end c'est tournoi de beach-volley et de beach-rugby sur la plage. Iquique est une ville trés agréable.

     

    Mais il est temps de reprendre la route, avec pour commencer une ascension pour rejoindre le grand plateau qui se trouve au centre du désert d'Atacama a un peu plus de 1000m d'altitude. En quittant Iquique, le temps est brumeux.

     

    Mais a l'approche d'Alto Hospicio le soleil revient et je vois l'une des plus belle chose depuis le début du voyage...

     

    Oui, la fléche qui indique le virage et les drapeaux vont dans le meme sens! Je vais avoir le vent de dos! C'est tellement rare qu'il faut le souligner.

     

    Je n'en profite pas trop au début puisque ca grimpe, mais les 25 derniers kilométres vers Santa-Laura en descente, vent de dos sont apréciables.

     

    Santa Laura est une ancienne usine de salpetre (traitement de nitrate de potassium), créé en 1872. L'activité s'arrete en 1960, depuis l'usine est restée en l'état. Elle est classée au patrimoine mondiale de l'Unesco depuis quelques années. Je passe du temps a me ballader entre et dans le batiments. Je suis le seul visiteur...  

     

    A 2km se trouve Humberstone, une autre usine de salpetre avec une petite ville ou vivait les ouvriers. Son destin est identique a Santa Laura. L'absence de travaille et les conditions difficile font que rapidement les habitants désertent la ville. Ca devient une ville fantome, il y en a plusieurs dans ce desert. Humberstone est la plus connue et la plus visitée, ici il y a du monde. Elle est réstaurée et de nombreux batiments sont transformés en musée. J'y passe quelques heures.

     

     

     

    Avant de retrouver le désert et le vent. 

     

     

    Aucun abris pour mettre la tente, juste la base militaire de Fuerte Baquedano. Je tente d'y trouver l'hospitalité en connaissant d'avance la réponse. Les gens a l'entrée sont trés sympas, on discute longuement, mais c'est bien sur impossible. Par contre l'un des militaires me demande 5 fois si je n'ai pas besoin d'eau... On sent qu'il a déja connu le manque d'eau lors d'exercises dans le désert... Ca sera une nuit au milieu de nulle part avec les claquements incessants de la toile de la tente du au vent...

     

    Les jours suivants, je continue la route vers le nord, sur le plateau. Mais le probléme c'est que des Quebradas (Vallées) traversent ce plateau. A chaque fois il faut descendre de 200 ou 300m avant de remonter. Dans l'une des remontée 2 charmantes jeunes femmes me proposent de m'embarquer dans leur petite camionette pour me déposer un peu plus loin. Mais je refuse poliment. Je suis la pour voyager a vélo quand meme. J'avoue quelques secondes plus tard je le regrette et je me dit que je vais galérer pendant une heure pour finir cette ascension... Mais pourquoi j'ai dit non! Allez, pour reprendre des forces, c'est l'heure du sandwich.

     

     

    Les quebradas se suivent, mais la derniére est beaucoup plus profonde, 1300m a descendre pour rejoindre le petit village de Cuya ou les policiers m'offrent un toit. Le lendemain matin il faut remonter les 1300m, avant la descente vers Arica.

     

    Dans la région on peut observer de nombreux géoglyphes. Ce sont des dessins faits sur le sol, a l'aide de pierre, par les civilisations pré-colombienne, il y a plus de 1000ans.

     

     

    Par contre, j'ai un doute sur l'epoque du géoglyphe suivant:

     

    Sinon, il fait toujours chaud la journée et pas facile de trouver de l'ombre:

     Et le paysage est parfois monotone, a l'est je vois les sommets de la cordilliére qui défilent trés lentement. Je peux voir le meme sommet pendant 300km. 

    A l'approche d'Arica, les bidonvilles font leur apparitions au coeur du désert:

     

     

    Pour rappel, le Chili est le pays le plus riche d'Amérique du sud...

     

    Et enfin les plages d'Arica font leurs apparitions

     

     

    J'y passerais quelques jours, dans une sympatique auberge appartenant a un couple de Francais (Arica Unité).

     

    La suite, ca sera le parc national Lauca, la température va varier de prés de 60°C en quelques jours, lorsque je vais passer de 0m d'altitude a plus de 5000m. Mais je vous raconterais cela dans le prochain article.

     

    L'itinéraire et les statistiques, c'est ici: www.2rouesvagabondes.fr/itineraire-et-statistiques-a74270453

     

    Et les photos c'est ici: www.facebook.com/media/set/?set=a.10201416828891433.1073741842.1496106738&type=1&l=b72bdb2636

     

    PS: Pour les accents graves et circonflexes, il faut payer 2 fois plus chére, donc il faudra faire sans...

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  • Commentaires

    1
    FRANCOIS DESPREZ
    Samedi 22 Juin 2013 à 13:24

    L'aventure continue mais elle semble plus rude encore !

    Bonne chance pour l'ascencion à 5000 mètres.

    François Desprez

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